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Pierre Leroy (Teammanager 1982-2006)

délégué teammanager

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#1 Gascar

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Posted 17 April 2013 - 09:10

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Pierre Leroy : un demi-siècle au service des Mauves
A 66 ans, Pierre Leroy a passé toute sa vie au service d'Anderlecht. D'abord, dès 16 ans, comme joueur, puis rapidement comme dénicheur de talents. " Pierre m'a découvert à Evere et m'a fait venir à Anderlecht. Sans lui, je n'aurais peut-être jamais été joueur professionnel ", précise Bertrand Crasson.
Depuis les années 80, cet Anderlechtois pur jus officie comme délégué de l'équipe première, une fonction qui ne consiste plus uniquement à remplir la feuille de match. " J'essaie de régler tous les petits problèmes des joueurs, d'ordre matériel ou relationnel, afin qu'ils puissent se concentrer sur leur métier de footballeur ", souligne celui qu'on appelle désormais "team manager".
" Pierre est le confident des joueurs mais vous ne saurez rien sur leur vie privée. On peut compter sur sa discrétion et pourtant, il en sait des choses... ", sourit Bertrand Crasson.
Sa longue carrière lui a permis de rencontrer quantité de joueurs et entraîneurs.
S'il éprouve du respect pour tous les sportifs qu'il a croisés, il avoue son admiration pour Jean Dockx, joueur puis entraîneur des Mauves, décédé il y a quelques années. "Jean est de ma génération, c'est un monument pour qui j'ai tous les jours une pensée ".
Passionné de bonne cuisine française et italienne, ce grand-père regrette de ne pas passer plus de temps avec sa famille, tant sa passion pour ce club où il a tout vécu est grande. " J'arrêterai le jour où je viendrai au stade avec des pieds de plomb. Avant cela, je rêve quand même qu'Anderlecht arrive en finale de la Champion's League ". -
(TBX n° 126, Page 10, paru le 2005-06-02)

 

 

 

 

 

Pierre Leroy a fêté cette saison son dixième titre en tant que délégué de l’équipe première du RSC Anderlecht. Il entamera d’ici peu sa vingtième année en tant que responsable de l’équipe A du Sporting, et est considéré par beaucoup de joueurs, non seulement comme le directeur de l’équipe, mais aussi comme un second père. La Webteam a pu converser avec celui dont le coeur ne bat que pour le RSCA.

Comment êtes-vous arrivé au Sporting ?
“J’ai joué à Anderlecht dans les équipes d’âge mais, bien que très rapide, je manquais de talent pour percer au Sporting. Après quelques années, j’ai quitté Anderlecht, et à 28 ans, j’ai décidé de mettre un terme à ma carrière de joueur. Je suis alors revenu à Anderlecht pour y travailler à la formation des jeunes.”

“J’ai aussi joué au basket. J’étais assez bon, mais le sport lui-même m’intéressait moins que le football. Je me suis occupé des jeunes d’Anderlecht pendant des années, dans pratiquement toutes les catégories d’âge, jusqu’au moment où Constant Vanden Stock m’a demandé si je voulais devenir le responsable de l’équipe première. Ce ne fut pas plus compliqué que ça; si je me rappelle bien, ce devait être en 1984 ou 85.”

Vous êtes alors devenu professionnel au sein du club ?
“Non, j’ai travaillé cher Renault à Vilvorde pendant vingt-six ans. J’avais un poste à responsabilités au service de sécurité, avec pas mal de gens sous mes ordres. Je pouvais combiner facilement mon emploi avec mon travail de team-manager au Sporting car j’avais pu trouver un accord avec mon patron. Ce dernier était le président du club de Lens. Il ne regardait pas trop à mes horaires, tant que mon boulot était fait et bien fait. En 1989, j’ai opté pour une mise à la retrait anticipée. A côté du Sporting, je m’occupais aussi d’un entreprise de nettoyage, ce que je fais d’ailleurs encore aujourd’hui.”

Les supporters savent que vous êtes le délégué de l’équipe. Par contre, peu savent vraiment en quoi consiste cette mission. Pouvez-vous nous éclairer quelque peu ?
“C’est un travail qui comporte un large éventail de tâches, mais pas les entraînements : ça, ce n’est pas pour moi. Mais en fait, je fais tout pour les joueurs : la recherche de logements, les voitures, les assurances, la nourriture quand ils partent en retraite... En vérité, je m’occupe de tout ce dont ils ont besoin, car il est important qu’ils puissent se concentrer sur le football et qu’ils n’aient pas d’autre souci. Les joueurs ne doivent que s’entraîner, se reposer et disputer des matches. S’ils ont un problème, ils peuvent me contacter : je suis à leur service jour et nuit.”

“Mais je ne me limite pas au domaine administratif : les joueurs aiment aussi sortir et il arrive régulièrement que je les invite à aller manger un bout, ou à aller boire un verre. Je considère que cela fait partie de la mission d’un directeur d’équipe. Toutefois, si j’en fais beaucoup, j’en reçois aussi beaucoup en retour, ne serait-ce qu’au plan de la considération. J’essaie donc de m’investir toujours à cent pourcents en faveur de tous les joueurs.”

Les anciens joueurs d’Anderlecht se montrent toujours élogieux envers l’accompagnement et ils parlent souvent de l’approche très professionnelle du club.
“C’est en effet le cas, et il est difficile de critiquer quelque chose qui fonctionne bien. Les anciens joueurs ne peuvent pas dire qu’Anderlecht est un mauvais club ou qu’il est mal organisé. D’ailleurs personne n’a jamais entendu cela. Il est clair qu’ils peuvent avoir connu l’un ou l’autre problème, mais en règle générale, il ne s’est jamais agi que de vétilles qui ont été réglées très vite la plupart du temps.”

Travaille-t-on de façon aussi professionnelle qu’au Sporting dans les autres clubs belges ?
“J’ai des relations amicales avec mon collègue de Genk, qui en fait lui aussi, beaucoup. Mais pour ne citer que Marc Hendrikx et Besnik Hasi, qui furent transférés de Genk, à leur arrivée, ils se sont étonnés du professionnalisme de notre approche. A Anderlecht, on fait tout pour eux : ils ne doivent se préoccuper que de l’aspect sportif. Si le Sporting est en effet au sommet, c’est aussi parce que les joueurs ne doivent penser qu’à taper dans les ballons.”

Comment qualifier votre passion pour le Sporting ? Que représente le club dans votre vie quotidienne ?
“Je suis venu au monde avec cet amour du RSC Anderlecht. Je suis né Anderlecht, j’y ai habité, je suis un pur Anderlechtois. Les Mauve et Blanc occupent une place dans mon coeur et ce sera toujours ainsi. Pourquoi ? C’est difficile à expliquer. Je suis un véritable clubman, mais je n’ai pas d’oeillères : j’ai de nombreux amis dans d’autres clubs, que ce soient des joueurs ou des entraîneurs. Dans mon cas, on peut dire qu’Anderlecht est une drogue positive à laquelle je suis accro.”

Après avoir vécu tant de rencontres sur le banc, souffrez-vous toujours du stress pendant les matches ?
“Toujours. Je considère d’ailleurs que regarder un match sans éprouver de stress est un signe qu’il vaudrait mieux arrêter. Un jour, j’étais tellement stressé qu’Aimé Anthuenis m’a envoyé le médecin afin de vérifier mon état de santé.”

“Je ne parviens pas à me défaire de ce stress, même quand Anderlecht doit affronter Lommel, par exemple, et que cette équipe est classée dernière du championnat alors que le Sporting caracole en tête. Eh bien, même dans de telles circonstances, je me sens envahi. Mais je suis quelqu’un de très nerveux de nature.”

Vous avez beaucoup de contacts avec les joueurs, et pour certains d’entre eux, vous avez probablement un visage paternel.
“En effet, et certains m’appellent d’ailleurs papa ou papy (rires). J’ai aussi pas mal de contacts avec d’anciens joueurs. Certains me téléphonent dix fois par an, d’autres moins, mais cela me fait vraiment plaisir de rester en rapport avec eux.”

“La semaine dernière, Vincent Kompany est encore venu au club, juste parce qu’il avait envie de me voir. Son papa m’a dit qu’il voulait rendre visite à son deuxième papa ! (rires)”

Quels sont les joueurs avec lesquels vous entretenez les meilleurs rapports ?
“Je ne fais pas de différence entre les joueurs. Pour moi, ils sont tous égaux. Je ne me verrais pas en faire plus pour Pär Zetterberg que pour Maarten Martens, par exemple. J’essaie de garder l’église au milieu du village.”

“Si un joueur traverse une mauvaise passe, il sait qu’il peut toujours venir me trouver pour parler de tout et de n’importe quoi, même si je ne suis pas un psychologue, loin de là. Ça, c’est quelque chose que nous avons essayé il y a quelques années, mais ce ne fut pas concluant. Il y eut des fuites vers la presse, ce qui est inadmissibile : quand quelqu’un se confie, il faut que ce qu’il dit reste strictement confidentiel.”

“Je parle donc fréquemment avec les joueurs, parfois longuement, et pas seulement de football, mais aussi de sujets qui leur tiennent à coeur, comme leur vie familiale. Mais ce sont des affaires confidentielles : même le couteau sur la gorge, je n’en parlerais pas, à personne. La confiance, c’est important et cela se mérite. Les joueurs doivent sentir qu’il peuvent vider leur coeur avec moi. Dans la presse francophone, on m’a surnommé Pierre Tombale, pas besoin de vous faire un dessin : les journalistes savent que je dispose d’énormément d’informations au sujet des joueurs, mais que jamais je ne leur divulguerais d’éléments personnels.”

Avec tout ce que vous savez des joueurs, n’êtes-vous pas en butte à un certain harcèlement de la part de journalistes ?
“Les gens de la presse savent depuis toujours qu’ils ne doivent pas me questionner là-dessus. J’ai de très bons contacts avec eux, mais cela ne signifie pas que je vais leur dévoiler des affaires confidentielles. Il y a moyen de fermer des portes de façon amicale, comme il y a moyen de refuser une interview de façon élégante.”

Toutes les différentes nationalités représentées au sein du noyau anderlechtois causent évidemment la multiplication des langues... Comment ce problème se règle-t-il dans les vestiaires ?
“Les différentes langues ne posent pas vraiment problème. L’entraîneur dispense sa théorie en néerlandais, en français et en anglais. Mais personnellement, je trouve qu’un entraîneur ne devrait utiliser qu’une seule langue pour sa théorie, pour laisser ensuite les joueurs en parler entre eux. De cette manière, si quelqu’un a rencontré un problème de compréhension, les autres peuvent lui expliquer.”

“Dans les vestiaires, c’est l’anglais qui est le plus parlé. Mais il est clair que les Suédois parlent suédois entre eux, que les Belges discutent en français ou en néerlandais, etc.”

Que pensez-vous de l’évolution des joueurs du groupe ? On prétend souvent que les joueurs sont des enfants gâtés en comparaison de leurs aînés des générations précédentes...
“Ils étaient aussi gâtés auparavant, mais ce qui a fortement changé, c’est que le football est devenu bien plus dur et plus agressif qu’il y a une vingtaine d’années. Il est évident qu’il a toujours fallu jouer de façon dure et agressive, ainsi que je l’ai fait moi-même, mais je trouve que maintenant, on exagère parfois un peu. L’agressivité doit être présente, mais elle doit rester saine : arrêter quelqu’un par tous les moyens, jouer l’homme, ce sont des choses qui ne peuvent pas être admises. Or je trouve que l’évolution actuelle est négative de ce point de vue.”

Est-il exact qu’à partir de la prochaine saison, le numéro 12 ne sera plus attribué à un joueur ?
“Oui, maintenant qu’Olivier Doll a quitté le club, le numéro 12 sera attribué au douzième homme, c’est-à-dire les supporters. Le numéro 13 n’est pas trop populaire : certains joueurs n’en veulent pas, certainement par superstition. Le dernier qui le porta fut Tomasz Radzinski, et il ne lui a vraiment pas porté malheur, ce fut plutôt l’inverse. Mais c’était Radzinski lui-même qui l’avait demandé. Certains joueurs veulent parfois changer de numéro. Ainsi, Goran Lovré avait demandé à pouvoir porter le numéro 7, et quand il fut libre, on le lui attribua. Si quelqu’un veut le numéro 50, il recevra le numéro 50.”

Quelle fut la plus forte levée de joueurs avec laquelle vous ayez jamais collaboré ?
“De mon point de vue, tous les noyaux furent bons, et je ne parlerai jamais d’une levée faible. Mais évidemment, l’équipe qui comprenait Degryse, Albert, Nilis, etc, était très forte.”

“Je ne parle pas volontiers de la force d’un noyau, de la même façon que je ne parlerai jamais de bons et de mauvais joueurs : ce sont des jugements que je me garde pour moi-même. Si vous êtes dans un mauvais jour, il y aura peut-être une ou deux personnes pour s’en apercevoir. Mais quand c’est d’un joueur qu’il s’agit, ils seront des milliers à le voir. Où le problème se pose, c’est quand un joueur se fait siffler, comme c’est arrivé ces dernières années, dès sa première touche de balle. J’en grimperais aux murs : en fait, ce garçon devrait plutôt être encouragé, motivé... On a vécu cela avec Hasi, avec Hendrikx, avec Seol... C’est un phénomène que l’on a toujours connu, mais je trouve que cela va trop loin depuis quelques années. Hasi avait été sifflé dans le passé, et cette saison, il fut un des meilleurs joueurs du Sporting. Tout cela me fait beaucoup de peine, cela me choque. Je trouve déplacé, malhonnête et injuste de s’en prendre ainsi à autrui. Sans compter que, mentalement, certains sont moins forts que d’autres, et que je dois alors parler beaucoup avec eux car ils ont besoin de soutien. Personnellement, j’ai beaucoup de force mentale et c’est important quand on travaille avec des joueurs, car il faut qu’ils ressentent que l’on est quelqu’un de solidement ancré sur terre.”

“Les supporters ont évidemment le droit d’exprimer leurs sentiments , d’autant plus qu’ils paient pour voir les matches. Mais cela doit-il vraiment se faire au moyen d’un concert de sifflets ? Par exemple, si je vais au cinéma et que je trouve que le film est mauvais, vais-je commencer à siffler ? J’en parlerai après, c’est clair, mais pourquoi cela ne peut-il pas aussi être ainsi quand il s’agit de football ?

Quel joueur vous a causé le plus de chagrin quand il a quitté Anderlecht ?
“J’ai toujours du chagrin quand un joueur s’en va, même s’il n’est resté que six mois. Nous sommes très proches. Nombreux sont d’ailleurs ceux qui me demandent comment il se fait que nous soyons si proches, et j’ai une anecdote à raconter à ce sujet. Nous allions partir en camp d’entraînement en Italie quand un joueur, Marc Emmers, s’est blessé peu avant notre départ. Il ne pouvait pas partir, mais, pour récupérer l’argent de son voyage, nous devions produire son ticket à l’agence de voyage, et c’est ce que j’ai fait. Malheureusement, j’ai donné le document sans trop faire attention au nom qu’il portait, et c’est ainsi, qu’au retour, on a remarqué que j’avais rendu mon billet au lieu de celui d’Emmers. La compagnie refusait de m’accepter comme passager : j’aurais dû acheter un nouveau titre de transport et prendre un autre vol. Quand les joueurs apprirent la nouvelle, ils furent immédiatement quatre à refuser de partir si leur papa ne pouvait les accompagner. En fin de compte, on me donna un nouveau billet, et je pus rentrer avec le groupe. Cela fait plaisir de pouvoir compter sur le soutien et l’estime des joueurs dans des moments pareils.”

D’autres anecdotes vous viennent-elles spontanément à l’esprit ?
“Il y en a beaucoup, mais il y a par exemple la finale de la Coupe des Coupes qui se disputait à Göteborg entre la Sampdoria et Anderlecht. Les Gênois jouaient en bleu et Anderlecht en blanc. La Sampdoria menait 1-0 et, au deuxième but de la soirée, j’ai sauté en l’air. Quand je me suis rendu compte que c’était 2-0 pour les Italiens alors que j’avais cru à l’égalisation, j’étais tellement honteux que j’aurais voulu que le sol s’ouvre sous moi. A l’issue du match, je suis d’ailleurs allé présenter mes excuses au président.”

Depuis que vous êtes délégué de l’équipe, vous avez vu défiler un grand nombre d’entraîneurs. Avec lequel avez-vous eu les meilleurs contacts ?
“Il y eut une fois un entraîneur avec lequel je ne m’entendais pas bien, mais je tairai son nom. Pour le reste, j’ai toujours eu de bonnes relations avec les entraîneurs. Pas que l’on n’ait pas de discussions entre nous, mais nous n’avons jamais eu de problème sérieux. Aimé Anthuenis par exemple, est resté un excellent ami. Et il y avait aussi Jean Dockx, bien sûr, que je connaissais depuis mes 20 ans et avec lequel j’ai toujours eu des rapports d’amitié. Son décès m’a frappé de plein fouet.”

Avez-vous remarqué des changements sur le plan sportif depuis que Michel Verschueren, avec qui vous avez collaboré pendant la majeure partie de votre carrière, a cédé le témoin à Herman Van Holsbeeck ?
“Chacun a sa propre manière de régler certaines affaires. J’avais de bons contacts avec Verschueren. Nous avions beaucoup plus de discussions entre nous que je n’en ai maintenant avec Van Holsbeeck. Ce dernier travaille d’une façon différente, il délègue beaucoup plus que Mister Michel, qui gardait beaucoup de choses par devers lui. Dans des cas pareils, on peut parfois craindre que, quand ces choses sortent, il est peut-être, et je dis bien peut-être, trop tard. Mais je m’adapte facilement aux gens, c’est une habitude que j’ai prise quand je travaillais chez Renault. J’essaie toujours d’arrondir les angles et de faire en sorte que l’harmonie règne.”

Vous voyez-vous transmettre le flambeau à quelqu’un d’autre ?
“Il faudra bien que ça se fasse un jour. J’ai mon âge, mais tant que je reste en bonne santé, vif et robuste, je continuerai. J’arrêterai le jour où j’aurai le sentiment que cela ne va plus. Ce ne serait rendre un service à personne, et certainement pas aux joueurs et au staff technique, que de m’obstiner. Mais tant que ma santé me le permet, je reste au poste !”

Quelles doivent être, d’après vous, les ambitions nourries par un club comme le RSC Anderlecht ?
“Personnellement, j’aimerais que nous disputions un jour la finale de la Ligue des Champions. C’est probablement un rêve, mais rien n’interdit de rêver et en football, tout est possible. Je permets un peu d’en douter, mais j’ai lu dans la presse que Porto dispose d’un budget comparable au nôtre. Et puis, nous aussi, nous avons disputé des finales européennes dans le passé... Cette saison, nous n’avons pas eu trop de réussite, mais nous ne sommes pas passés loin de la qualification pour le deuxième tour. Avec un peu de chance, il doit nous être possible d’aller plus loin. La finale de la Ligue des Champions, c’est ce dont je rêve.”

Toutes ces années au service du Sporting doivent vous avoir bâti de beaux souvenirs. Le plus beau ?
“C’est vrai, j’ai de beaux souvenirs... Mais quand nous avons été invités par Philippe et Mathilde après avoir gagné notre vingt-cinquième titre, ce fut quand même spécial : être invité au Palais Royal, ce n’est pas donné à tout le monde. Quand l’équipe fut championne pour la première fois de ma carrière de délégué ce fut aussi spécial. Cette année, je fête mon dixième titre. C’est tout aussi beau et spécial. J’ai vraiment vécu de beaux moments à Anderlecht, et j’en ai des beaux souvenirs, spéciaux !!

 



 

 

mardi, 12 décembre 2006
Pierre Leroy arrête après 24 ans

Pierre Leroy arrêtera sa fonction de délégué de l'équipe A après 24 ans. Il travaillait avant au centre de jeune.
Il sera remplacé par José Garcia, qui aide pour le moment à l'intégration des Argentins au RSCA.

 


 



#2 Gascar

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Posted 17 April 2013 - 09:11

Anderlecht: Pierre Leroy, l'indispensable(30/06/2003)

 

À la découverte de ceux dont on ne parle jamais. Et pourtant...

 

ANDERLECHT Lorsqu'il usait ses culottes courtes sur les bancs du collège de la rue Saint-Guidon, son instituteur avait parfois du mal à capter son attention. «Leroy! Que faites-vous? Où êtes-vous? Mais, vous rêvez encore!» L'imagination et, surtout, la passion ont toujours été deux véritables folies assumées pleinement par l'intéressé. Les deux seules qu'on lui connaisse, d'ailleurs. Né d'un papa inféodé à... La Forestoise et d'une maman qui, vérificatrice de films pour la firme Universal, contribua, par son métier, à entretenir son fils unique dans son... vice, Pierre Leroy s'évade donc aussi souvent qu'il le peut: «C'est vrai: j'avais régulièrement l'occasion d'aller à des projections privées. Ma mère m'y autorisait quand mes résultats scolaires étaient bons. Mais pour moi, la récompense suprême consistait à me rendre au Parc Astrid, pour assister aux matches du Sporting d'Anderlecht.»


L'endroit est alors appelé: Stade Emile Versé. Constant Vanden Stock n'y a toujours pas apposé sa griffe. Mais la machine à gagner est déjà en marche. Pierre Leroy a neuf ans lorsque les Bruxellois remportent leur premier titre national. L'été qui s'annonce fut, probablement, l'un des plus beaux que vécut un gamin vibrant, ainsi, aux exploits d'une génération qui, en matière d'intérêt, concurrencera sérieusement l'enseignement des maîtres du collège de la rue Saint-Guidon: «Je ne pouvais pourtant pas recevoir de mauvaises notes sinon mes parents me privaient de sorties. Or, celle du dimanche après-midi était sacrée pour moi.»


Un coup de fil de la brasserie


Quand Julienne et Albert Leroy ne sont pas satisfaits du petit Pierre: «Ce qui, parfois, arrivait», ce dernier boude dans son coin jusqu'au moment où ses... bourreaux consentent à lui permettre de prendre la direction du Parc Astrid: «Je me dépêchais et j'arrivais juste à temps pour la seconde période. J'étais heureux.»


Pierre Leroy n'a d'yeux que pour un duo magique composé de Michel Van Vaerenbergh et de Polyte van den Bosch. Puis viendront Jef Mermans, Henri Meert et tant d'autres que les citer tous semble virtuellement impossible.


«Jusqu'à présent, poursuit Pierre Leroy, le Sporting a été champion à vingt-six reprises. Et à chaque fois, j'étais là.»


Dans les gradins d'abord, au milieu de ces fameuses places debout du non moins fameux Bloc X, sur le banc de touche ensuite, où Pierre Leroy prendra place après que ce que l'on nommait, à l'époque, un passage à la brasserie l'y eût convié: «Constant Vanden Stock m'a un jour convoqué dans le bureau qu'il occupait à sa fabrique de bière pour me dire: Tu commences demain avec la première. J'ai, je l'avoue, été assez supris. Jusqu'alors, mon expérience de délégué se limitait aux formations d'âges du club. Je ne m'étais occupé que des préminimes et des cadets avant que Constant Vanden Stock ne m'appelle. J'ai, heureusement, eu la chance de tomber sur des personnes qui, à l'instar de Franky Vercauteren, m'ont immédiatement mis au courant. Et, voilà: je suis toujours là.»


La qualité principale de Pierre Leroy, celle qui fait qu'il dure depuis aussi longtemps, tient en un mot: disponibilité. Les footballeurs anderlechtois savent qu'ils peuvent tout demander à leur délégué: Pierre Leroy fera toujours en sorte de les satisfaire. Mieux: il préviendra même certains de leurs désirs. Au besoin, il provoquera enfin certaines discussions, celles que l'on tient quand on a quelque chose sur le coeur. «Mais s'empresse-t-il d'ajouter, sans que je ne dévoile jamais rien de la teneur de celles-ci, à personne.»


Qui en doutait?

 

Dominique Paquet

© Les Sports 2003